Certains linguistes ont tendance à affirmer que le français est une langue statique. Il est vrai que durant des décennies, les néologismes ont mis des années à passer de la rue aux pages du dictionnaire. Cette époque est révolue, comme veut e prouver Le Petit Robert

Par Fred Lafeuille

Aussi, cette année, Le Petit Robert a décidé de mettre l’accent sur la créativité de notre langage. “Loin d’être restée confinée, la langue française telle que la présente ce dictionnaire manifeste sa vitalité, sa force d’expansion, son ouverture”, s’enthousiasme Alain Rey dans un communiqué des éditions du Robert. Néologismes, anglicismes, sens enrichis et expressions inattendues sont au rendez-vous de l’édition 2021 du dictionnaire. 

“COVID », « TÉLÉCONSULTATION », « TECHNOPHOBE »…

Évidemment, “confinement”, “déconfinement”, “Covid”, “téléconsultation” sont apparus ou se sont démocratisés trop récemment pour se frayer un chemin dans les pages du Robert. Cependant, ces mots figureront sur le site Le Dico en ligne Le Robert.

On y retrouvera aussi “cluster”, “traçage”, “geste barrière” ou encore, “distanciation sociale/physique”, tant à la mode ces derniers temps. Outre le champ lexical du virus, on retrouve celui des nouvelles technologies. “Cloud”, “bot, “story”, mais aussi “brainstormer” ou “spammer” font leur entrée. Mais aussi des mots comme “illectronisme” ou “technophobe”.

« SEXTO », « POLYAMOUR », « PANSEXUEL », « SÉROPHOBIE »…

“Si l’on note toujours des sujets liés au numérique, à l’écologie dans cette nouvelle édition, on voit émerger un droit à la différence dans les mots. Les Français ont un regard nouveau sur l’intimité et la  sexualité”, analyse Édouard Trouillez lexicographe pour les dictionnaires Robert. C’est donc tout naturellement que les termes “sexto” et “polyamour” et les mots LGBT “pansexuel” ou “sérophobie” (discrimination envers les personnes séropos) apparaissent désormais dans le célèbre dictionnaire.

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Des expressions orales sont aussi mises à l’honneur comme “c’est guedin”, “de ouf” ou “c’est pourrave”. Et puis, il y a toujours ces mots bizarres qui débarquent dans chaque édition. “Cododo” désigne la “pratique qui consiste à faire dormir son bébé dans le lit parental ou dans un berceau à proximité”. “Désâmer” est un mot canadien signifiant “se donner beaucoup de mal”. Ou encore “pétrichor”, qui qualifie cette “odeur qui se dégage de la terre lorsque tombe la pluie après une période sèche”.

 

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