Depuis le début de la crise sanitaire, le nombre de violences anti-LGBT+ enregistrées a explosé sans compter celles qui ne sont pas signalées ! Les jeunes confinés avec des familles de cons finis sont en première ligne, bien sûr. Mais pas que ! Les violences conjugales sont en hausse elles aussi. Les assos ont donc tiré la sonnette d’alarme. L’État à réagit en débloquant des fonds d’urgence, comme l’a annoncé Marlène Schiappa le 24 avril.   

Par Fred Lafeuille

Confinement oblige, les violences anti-LGBT+ constatées dans la rue sont en nette diminution. En revanche, le nombre de celles commises au sein des foyers, loin des regards, a littéralement explosé ces dernières semaines selon les chiffres officiels. Les premières victimes sont bien évidemment les plus jeunes. Enfermés 24h/24 avec le reste de leurs familles, leur intimité est fragilisée et leurs coming-outs sont parfois accélérées du fait de la proximité. 

Certains de ces ados et post-ados vivent un véritable cauchemar. Injures, harcèlement, isolement, coups, certains parents ou frères et sœurs s’en donnent à cœur joie. Après tout, pour quelques imbéciles incapables de faire preuve de tolérance de compréhension et d’empathie, torturer semble être un divertissement comme un autre pour tuer le temps et passer ses nerfs pendant le confinement. Parfois, ces jeunes LGBT+ sont carrément foutus à la porte, sans autre forme de procès, en mode “démerde-toi, sale vermine, on ne veut plus te voir, tu n’existes plus pour nous !”

DES JEUNES HARCELÉS PAR LEURS FAMILLES QUI N’HÉSITENT PAS À LES JETER À LA RUE

Les associations ont tiré la sonnette d’alarme il y a déjà quelques semaines, en s’adressant directement aux plus hautes sphères de l’État. À l’instar de STOP Homophobie, qui a mis en place une ligne d’écoute depuis plusieurs années. À titre d’exemple, Terrence Katchadourian, fondateur de l’association explique : “un mineur à la rue m’a appelé. Il entendait tous les jours ‘pd’, ‘pédale’, etc. Ce jour, il a répondu et son beau-père a voulu le cogner. Il lui a dit : ‘prends tes affaires et casse-toi’. Sa mère a ouvert la porte et lui a dit de ne pas revenir”. Ce gamin de 15 ans qui réside dans une ville du Nord a finalement été aidé et logé par l’association. Et n’allez pas croire que ce cas est isolé ! “Nous avons au moins un appel par jour”, affirme ainsi Arnaud Boisseau, porte-parole de STOP Homophobie.

« ON REÇOIT DES APPELS À L’AIDE TOUS LES JOURS »

L’association Le Refuge, qui loge des centaines de jeunes LGBT+ chaque année, tente elle aussi d’apporter des solutions, alors qu’elle a dû faire face à la fermeture des réseaux d’hôtels et d’auberges de jeunesse. Rien qu’en Île-de-France en ce moment même, 23 jeunes sont hébergés. Une situation qui inquiète Reginald Dupuy, délégué départemental de l’association dans le Val-de-Marne, qui affirme que si ça continue comme ça, il n’y aura plus de place pour accueillir ces jeunes. 

300 000 EUROS DÉBLOQUÉS PAR L’ÉTAT POUR FINANCER 6 000 NUITÉES D’HÔTEL

Conscients du problème et de l’urgence, une cinquantaine de députés ont adressé une lettre à Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, pour appeler à “renforcer exceptionnellement la prise en charge et l’hébergement d’urgence des jeunes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres dans le cadre de la crise sanitaire”.

Le gouvernement a d’abord rejeté les amendements proposés, mais a décidé d’agir, comme Marlène Schiappa l’a annoncé lors d’une interview accordée à Libération le 24 avril. “Beaucoup de jeunes vivent actuellement un enfer”, a-t-elle affirmé, “soit parce qu’ils sont confinés avec des parents homophobes qui ne savent pas que leur enfant est gay, bi ou lesbienne, soit parce qu’ils ont déjà fait leur coming out et vivent alors parfois de véritables persécutions au sein de leur foyer”.

« Beaucoup de jeunes sont persécutés au sein de leur propre foyer »

La secrétaire d’État a indiqué avoir “débloqué 300 000 euros pour financer 6 000 nuitées d’hôtel pendant le confinement” afin de “permettre aux jeunes confrontés à de la violence homophobe d’être protégé”. Elle a par ailleurs rappelé que les victimes peuvent donner l’alerte dans les pharmacies ou envoyer un SMS au 114, comme le prévoit le dispositif pour les femmes (et les hommes !) victimes de violences. 

L’APPLICATION DE L’ASSOCIATION FLAG! VIENT EN AIDE AUX VICTIMES

Le problème ne se cantonne pas aux plus jeunes. Selon les associations, les violences conjugales sont en recrudescence elles aussi. “On a eu le cas récemment d’un homme marié à un homme qui a été victime de violences conjugales. Il a été mis à la porte et a passé trois jours dehors. On a réussi à lui trouver un logement. Ce phénomène existe dans tous les couples”, a ainsi indiqué le porte-parole de Stop Homophobie.

Marlène Schiappa a donc aussi accéléré la réouverture de la permanence téléphonique de SOS Homophobie, suspendue en raison de “difficultés techniques”, et a assuré soutenir l’association Contact et sa ligne téléphonique dédiée des familles.

L’État a aussi décidé de financer à hauteur de 50 000 euros l’application mobile lancée récemment par FLAG!, l’association de policiers et gendarmes LGBT+, qui a pour but d’aider les victimes à signaler les actes homophobes subis ou constatés autour de soi. 

Les signalements effectués sur l’appli FLAG! ne se substituent pas à une démarche officielle. Johan Cavirot, président de l’asso, indique que les personnes qui l’utilisent sont orientées “vers les interlocuteurs appropriés, que ce soit pour un dépôt de plainte, un signalement Pharos, ou bien directement vers un officier de liaison LGBT”.

L’IMPUNITÉ DOIT CESSER

Autre violence résultant de la crise sanitaire en cours : les dénonciations publiques, parfois accompagnées de menaces. Des lettres ouvertes ont ainsi été placardées dans des immeubles ou envoyées directement à leur destinataire. Arnaud, un Nîmois de 38 ans, a ainsi reçu une missive à tomber à la renverse. Malheureusement, il est loin d’être le seul à avoir reçu ce genre de textes abjects et honteux. 

Il est donc temps de rappeler que confinement ou pas confinement, les actes homophobes, quelle que soit leur nature, quelle que soit leur “intensité”, sont punis par la loi. L’impunité ne doit pas être une option pour les haineux ! Liberté, égalité, fraternité, rien de plus, rien de moins ! Alors, n’hésitez surtout pas à signaler les violences et à tendre la main à ceux qui en subissent. 

Quelques liens utiles vers les sites d’associations qui pourront vous aider ou vous orienter :
Le RefugeStop HomophobieSOS HomophobieFLAG!Contact 

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