C8 et son propriétaire, le groupe Canal, devront finalement signé un chèque de 3 millions d’euros d’amende. La cause ? Un canular homophobe de mauvais goût ayant été mis en avant dans Touche pas à mon poste. 

Par Fred Lafeuille

Le Conseil d’État a en effet rejeté la demande d’annulation d’une amende. Il faut dire que le montant est salé. 3 millions d’euros ! C’est la saction qu’a prononcée par le CSA à l’encontre de C8 (groupe Canal+). La cause ? Un canular homophobe dans l’émission de Cyril Hanouna Touche pas à mon poste il y a trois ans. 

Après une première sentence, Canal+ demandaient en effet au Conseil d’État “d’annuler la décision du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) du 3 avril 2019”, qui avait refusé de retirer “une sanction pécuniaire de 3 millions d’euros”. Mais la requête a purement et simplement été rejetée par les sages du Conseil d’État par une décision rendue publique le 29 septembre.

Cette sanction est l’une des plus lourdes jamais prononcées par le CSA. Elle avait été décidée en juillet 2017, avant que C8 et le groupe Canal+ se battent en justice pour tenter d’obtenir son annulation.

DES PROPOS D’UNE CRUDITÉ APPUYÉE PORTANT PRÉJUDICE

Rappel des faits : dans l’émission incriminée diffusée le 18 mai 2017, l’animateur Cyril Hanouna “incitait des personnes contactées par téléphone à tenir des propos d’une crudité appuyée dévoilant leur intimité et exposant leur vie privée, alors même qu’elles ne pouvaient imaginer que leurs propos seraient diffusés lors d’une émission publique”, selon le Conseil d’État.

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Quelques jours après l’émission, un individu avait soutenu que son passage à l’antenne avait eu de très graves conséquences. Ce récit avait été démenti quelques mois plus tard, et C8 et Canal+ demandaient en conséquence au CSA de retirer sa sanction.

HANOUNA DOIT COMPRENDRE QU’IL N’A PAS L’IMPUNITÉ

Ce témoignage de téléspectateur était “inexact”. Mais “le contenu de cette émission, et non sur ses conséquences supposées” était jugé, souligne le Conseil d’État. 

Une privation de publicité pendant une semaine avait été décidée par le CSA après un autre canular diffusé en novembre 2016. À l’époque, Cyril Hanouna avait piégé son chroniqueur Matthieu Delormeau en lui faisant croire qu’il venait de commettre un crime et en le sommant d’en endosser la responsabilité.

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Tout ça pour dire qu’Hanouna ou pas, drôle ou pas, l’homophobie blesse. Et le Conseil d’État, plus haute instance de notre pays, a tranchée. Il est parfaitement d’accord avec le fait qu’il faut respecter les minorités et surtout, ne pas les stigmatiser. Les médias sont un vecteur d’opinions. Ridiculiser à l’antenne une minorité, c’est autoriser cette opinion à en faire autant. Que ce soit en public ou sur les réseaux sociaux. 

 

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