À l’occasion de la sortie de sa nouvelle série porno FBI : Frisky Boys Investigation, nous avons rencontré son réalisateur, Antoine Lebel, créateur de French Twinks… On a parlé de l’avenir du porno français, des tournages, et il nous a même lâché quelques exclusivités !

Propos recueillis par Andrei Olariu

SALUT ANTOINE. POUR CEUX QUI NE CONNAISSENT PAS FRENCH TWINKS, TU NOUS EN DIS QUELQUES MOTS ? 

French Twinks, littéralement “Les Minets français”, c’est tout simplement un studio de production porno gay que j’ai créé fin 2013. Mon objectif est de casser les codes en jouant la carte de l’humour, de la fraîcheur, de la sensualité et de la qualité en évitant toujours de sombrer dans la vulgarité.

LES ACTEURS DE FRENCH TWINKS SONT TOUS… DES TWINKS. TU N’AIMES PAS LES DADDIES ? 

J’ai choisi les “Twinks” premièrement parce que c’est une niche qui manquait vraiment sur le marché français, ça c’est pour le côté marketing… Mais aussi parce que je suis atteint d’un profond syndrome de Peter Pan [Rires] et donc vivre entouré de jeunes tout en jouant les professeurs, c’est quelque chose de très naturel pour moi. Je ne suis toutefois pas fermé aux autres styles et, comme tu peux le voir dans mes films, quand un rôle s’y prête (capitaine de bateau, proviseur…), je suis ravi de mélanger mes minets avec des mecs plus âgés. 

QUEL EST LE SECRET DE TA LONGÉVITÉ ?

Le fait d’être totalement indépendant, à la fois réalisateur, producteur et diffuseur. C’est ce qui me permet de cultiver un véritable esprit d’entreprise et de fédérer autour de mon label une communauté de fans fidèles qui sont sensibles au côté humain qu’on partage avec eux. C’est cet aspect qui me démarque de la plupart de mes concurrents qui, bien qu’ils se proclament “studios”, se contentent en réalité d’acheter et de revendre des vidéos produites à la chaîne en Europe de l’Est et offrent donc un contenu que je juge plutôt fade, dont la seule valeur ajoutée repose sur la jolie plastique des modèles. 

Tatyana Clakson en commissaire de police…

Pour durer, il faut aussi constamment se remettre en question, innover et bien entendu mener son marketing avec cohérence et persévérance en visant l’international. Le marché américain, c’est aujourd’hui plus d’un tiers de mes abonnés et, pour tout te dire, ça fait des années que je tente de décoller au Japon, c’est compliqué, mais je suis en bonne voie. 

TU AS ÉTÉ RÉCOMPENSÉ À PLUSIEURS REPRISES POUR TES PRODUCTIONS. ÇA MOTIVE OU, AU CONTRAIRE, ÇA MET LA PRESSION ? 

Quand tu fais un métier artistique, quel qu’il soit, la reconnaissance du public et des professionnels du secteur est la meilleure récompense que tu puisses recevoir et donc une grande source de motivation. Il n’y a pas vraiment de pression, mais peut-être un léger sentiment de frustration, puisque derrière les récompenses se cache parfois – je n’ai pas dit toujours – un petit jeu de sponsoring et de copinage. 

APRÈS UN ROAD-TRIP AUX ÉTATS-UNIS, TA NOUVELLES SÉRIE FBI NOUS EMMÈNE SUR UNE SCÈNE DE CRIME. D’OÙ T’EST VENUE L’IDÉE ? 

J’ai commencé dans le X en écrivant une série pour un réalisateur américain et j’ai toujours voulu en refaire une parce que j’aime vraiment écrire et inventer des histoires. J’avais d’abord pensé à explorer l’univers médical ou à refaire quelque chose sur le thème scolaire, mais le crime offre des possibilités de scénario quasi illimitées en plus d’un suspense inhérent au concept qui est nécessaire pour fidéliser le public. FBI est une série parodique, et je trouve que le contraste entre le côté sérieux de l’enquête et la légèreté du sexe est plutôt cocasse.  

LA DRAG TATYANA CLAKSON CAMPE LE RÔLE DU COMMISSAIRE. CE N’EST PAS TRÈS COURANT DANS UN PORNO DE MÉLANGER DES GENRES. N’AVAIS-TU PAS UN PEU PEUR DE DÉROUTER ? 

Mélanger l’univers des drag queens et celui du porno, qui souffrent tous les deux de beaucoup de clichés négatifs, c’est aussi une démarche un peu militante de ma part pour fédérer et montrer que l’union fait la force. 

Si tu produis du X pour te prendre au sérieux ou pour faire toujours la même chose, c’est très vite lassant. Le côté “drag”, c’est ce qui me permet de surprendre et de jouer la carte de l’humour encore plus à fond, surtout avec un personnage aussi burlesque et charismatique que Tatyana Clakson. J’avais d’ailleurs déjà pu mesurer le succès de ce mélange des genres quelques mois auparavant en réalisant une parodie du jeu télé anglais Naked Attraction qui était animé par la délirante Micky Velue. 

COMBIEN D’HEURES DE TRAVAIL SONT NÉCESSAIRE POUR PASSER DE L’IDÉE AU RÉSULTAT FINAL ? 

Même si le scénario paraît très simple, c’est vraiment l’écriture et la recherche qui m’ont pris le plus de temps. Ce qui a été compliqué, c’était de trouver un concept qui permette de garder un fil rouge entre les épisodes sans non plus dépendre de la récurrence des acteurs, pouvoir en faire intervenir de nouveaux à tout moment et, surtout, arriver à placer du sexe de façon cohérente sans que la comédie ne coupe l’excitation du porno. 

Antoine Lebel, créateur de French Twinks

La création des décors a pris un peu de temps aussi. Je voulais un univers vintage pour le commissariat, il a donc fallu aller chiner quelques objets en plus de pas mal de travail de bricolage et de déco puisqu’il y a également un décor de cellule de prison qui sera révélé dans la suite de la série. Le tournage des cinq premiers épisodes s’est étalé sur sept journées d’environ seize heures chacune, dont la majeure partie était dédiée à la comédie plus qu’au sexe. Concernant le montage, j’ai dû passer une soixantaine d’heures pour éditer les deux premiers épisodes, surtout qu’il y a quelques petits effets spéciaux et pas mal d’habillage graphique et sonore.

ON RETROUVE UNE NOUVELLE FOIS LES ACTEURS DE FRENCH TWINKS DANS CETTE NOUVELLE PRODUCTION. C’EST COMME UNE SECONDE FAMILLE ?

Hormis quelques guest stars, en général, je ne travaille qu’avec mes acteurs exclusifs, ceux qui sont nés et ont grandi chez French Twinks. C’est un clan familial en quelque sorte, et c’est aussi très important pour pouvoir réaliser des projets ambitieux de développer une relation de confiance et sur le long terme avec les acteurs. 

PAS TROP DUR DE FAIRE JOUER LA COMÉDIE AUX ACTEURS ? 

Certains sont plus à l’aise que d’autres, mais tous progressent et s’investissent beaucoup, notamment grâce au véritable travail de coaching en comédie que fait mon coréalisateur, François Chagall. On fait bien entendu de nombreuses prises avant d’obtenir quelque chose de satisfaisant mais, depuis deux ans environ, j’ai vraiment mis un point d’honneur à proposer de la comédie crédible dans mes films, et on prend le temps qu’il faut parce qu’il n’y a rien de pire que quand ça sonne (trop) faux. 

QUE PENSES-TU DES “TUBES” GRATUITS COMME YOUPORN ? 

Les géants du porno comme Mindgeek (PornHub, YouPorn…) se sont imposés en favorisant le piratage des vidéos et la violation des droits d’auteur de façon extrême, tout en se couvrant juridiquement grâce à d’astucieuses sociétés écrans. Cette stratégie offensive leur a permis d’affaiblir financièrement les studios de production qu’ils ont ensuite rachetés par dizaines à prix cassé. Nous ne sommes aujourd’hui plus qu’une poignée dans le monde à rester indépendants et à pouvoir (sur)vivre de notre activité…

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Et voici la bande annonce alléchante de FBI : Frisky Boys Investigation :

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