Les applications de rencontres Grindr et Scruff viennent de s’engager à supprimer leurs filtres ethniques pour souligner leur combat contre le racisme ! Une action saluée par les utilisateurs et les associations qui dénoncent néanmoins un certain opportunisme.

Par Andrei Olariu

C’est une décision historique pour les utilisateurs. Les applications Grindr et Scruff viennent de s’engager à supprimer, dès leur prochaine mise à jour, leurs filtres ethniques. Une discrimination longtemps dénoncée par les associations serait donc sur le point de prendre fin.

À la lumière des protestations mondiales appelant à la justice pour les Noirs décédés des brutalités policières, les entreprises redoublent d’inventivité pour faire des annonces anti racistes.

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« Nous sommes solidaires du mouvement #BlackLivesMatter et des centaines de milliers de personnes homosexuelles de couleur qui se connectent à notre application tous les jours », a ainsi déclaré Grindr dans un communiqué publié ce lundi.

« Nous continuerons de lutter contre le racisme sur Grindr, à la fois par le dialogue avec notre communauté et une politique de tolérance zéro pour le racisme et les discours de haine sur notre plateforme. Dans le cadre de cet engagement, et sur la base de vos commentaires, nous avons décidé de supprimer le filtre ethnique de notre prochaine version. »

UNE DÉCISION TRÈS ATTENDUE

Les filtres ethniques sur Grindr permettent aux utilisateurs de sélectionner les profils qui s’affichent sur leurs téléphones en fonction de leur ethnie préférée. Trouvant l’idée excellente, l’application Scruff s’est elle aussi rapidement saisie de l’idée en promettant de « lutter contre le racisme et les préjugés inconscients dans nos applications ». Ils feront également des dons à Colour of Change et au Marsha P. Johnson Institute.

Si vous êtes utilisateurs d’une application de dating, vous avez forcément déjà croisé des profils précisant « Pas de Noirs », « Pas d’Asiatiques » ou « Je préfère les Latinos ». De récentes études montrent d’ailleurs clairement que ces applications sont liées à une faible estime de soi et à la dépression chez les personnes de couleur qui subissent ces discriminations.

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Cela va de pair avec des conversations sur le racisme sexuel, lorsque des préjugés intériorisés sur un groupe de personnes informent sur les préférences de rencontres d’un individu. « Je ne suis pas raciste, c’est juste une préférence » est une expression courante utilisée par les personnes qui tentent d’éviter toute sorte de réflexion sur leurs propres préjugés.

UNE VÉRITABLE VOLONTÉ DE CHANGEMENT

Mais il vrai que dans le contexte actuel les associations s’interrogent. Même si toutes saluent la volonté de Scruff et Grindr de lutter contre le racisme, elles craignent un simple effet d’annonce. En effet, plutôt que de supprimer le filtre ethnique en 2015, elles avait préféré le restreindre aux fonctionnalités payantes. Pas étonnant que cette fois, les associations attendent de véritables actions pour se réjouir. 

Une autre inquiétude est également pointée du doigt par les associations. Une fois ces filtres désactivés. Ne va-t-on pas exposer les utilisateurs à un déferlement de propos racistes et d’abus ? Difficile à dire. 

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