Il y a quelques jours, Guillaume Cizeron, quadruple champion du monde de patinage artistique, a fait son coming out sur Instagram en postant une photo de lui et de son mec. Après une interview dans Têtu, le patineur a écrit une lettre ouverte très touchante dans L’Équipe du samedi 30 mai, qui lui a consacré sa Une. Lisez plutôt ses mots… 

Par Fred Lafeuille

Certes, on a parfois l’impression que les avances ne vont pas assez vite. Pourtant, une telle couv’ du journal sportif aurait été impensable il y a quelques années encore ! Rappelons que les mentalités dans le milieu du sport sont parfois très hostiles aux LGBT. Aussi, que le quotidien lu par tous les aficionados de tous les sports crée l’événement de la sorte est plus que salutaire. Merci et bravo à l’équipe de L’Équipe ! 😉

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Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le journal met l’homosexualité à l’honneur. En mai 2019, L’Équipe avait publié dans son magazine hebdo un dossier sur l’équipe de water-polo qui a inspiré le film Les Crevettes Paillettées. Et sa Une avait fait le buzz puisqu’elle mettait en scène un bisou entre deux joueurs :

Quant à Guillaume Cizeron, il a profité de la journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie le 17 mai dernier, pour faire son coming out. Pour ce faire, le champion a tout simplement publié une photo toute mimi de lui et son mec. Une petite douceur pour les yeux. Dans une lettre ouverte très émouvante publiée par le quotidien sportif, Guillaume revient sur ce coming out. Il parle aussi de son enfance. De son parcours en général.  

“T’ES UNE FILLE OU UN GARÇON?”, me demandaient mes camarades de classe

« “T’es une fille ou un garçon ?” me demandaient mes camarades de classe lorsque j’étais enfant. Suivaient généralement des rires et moqueries des autres élèves. Étais-je une fille ou un garçon ? La question ne me semblait pas si incongrue. Très jeune, je me souviens m’être questionné sur mon identité et mon genre. Je me rappelle très clairement faire face à ma mère : “Maman, je suis une fille ou un garçon ?” », écrit-il.

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« Au collège, je passais de nombreuses récréations dans les toilettes, à me cacher pour ne pas être persécuté ou pour ne pas avoir à subir l’humiliation de la solitude. J’étais un garçon extrêmement timide et terriblement sensible, je ne répondais presque jamais aux insultes. Pédé, tapette, tantouse, et j’en passe. Les insultes rythmaient mon quotidien et devinrent bientôt cette petite mélodie malsaine en arrière-plan de mes pensées ».

« Aujourd’hui, malgré de grandes avancées sur le chemin vers la tolérance, le combat n’est pas fini. Je considère que mon silence ne servirait pas la cause et serait plus synonyme d’indifférence que de prise de position. Même si ma conviction est qu’une vraie tolérance signifierait ne pas avoir à sortir du placard, comme un hétérosexuel n’a jamais eu à dévoiler son orientation ».

“TU MÉRITES D’ÊTRE AIMÉ. SIMPLEMENT PARCE QUE TU EXISTES”. 

« Dans un monde idéal, personne n’aurait besoin d’avoir à justifier ses attirances sexuelles ou romantiques. Comme quelqu’un à qui je tiens beaucoup m’a dit une fois : ‘Tu mérites d’être aimé. Simplement parce que tu existes.’ Chacun mérite amour et dignité, peu importe s’il s’identifie comme un homme, une femme, ou aucun des deux, peu importe qu’il soit attiré par un homme, une femme, ou les deux à la fois ».

Un bien beau message d’amour et de tolérance. Guillaume confirme le fait qu’il est une inspiration pour de nombreux jeunes (et moins jeunes) sportifs dans le placard. Merci à lui pour ce témoignage sans filtre ! 

 

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