Créé en parfaite connexion avec mère Nature, Anagnorisis, le nouvel album d’Asaf est une véritable proposition artistique, musicale et poétique qui nous invite à partir à la recherche de qui nous sommes au plus profond.

Pour signifier les changements liés à sa maturité, cet artiste surprenant montre ses différentes facettes grâce à des influences renouvelées qu’il a puisées dans les univers du hip-hop, de la pop ou du gospel. Il répond à nos questions en parfaite sincérité… 

Propos recueillis par Andrei Olariu & Fred Lafeuille

BONJOUR ASAF. TON NOUVEL ALBUM S’APPELLE ANAGNORISIS. C’EST LE TERME QU’UTILISE ARISTOTE POUR DÉSIGNER UN PERSONNAGE QUI RÉVÈLE SA VÉRITABLE PERSONNALITÉ. DÉCOUVRE-T-ON LE “VRAI TOI” DANS CE DISQUE ?

Le nom de mon album est le fruit d’une longue recherche à ce sujet. Je voulais une structure qui reflète ce que je suis, qui je suis. Mais plus j’avançais dans cette recherche, plus tout me Paraissait flou et plutôt nébuleux. 

Et puis j’ai eu comme une révélation. En fait, ce n’est pas parce que je manque d’honnêteté, de talent ou d’une capacité à voir cette véritable personnalité. Ce que nous sommes est l’héritage de notre nature humaine, de notre psyché, de notre expérience. Et tout ça est en mouvement constant. C’est chaotique. Nous sommes chaotiques. Et le paradoxe, c’est que nos cervelles cherchent constamment une structure, des étiquettes à coller sur les choses. Alors, comment décrire ce qui est à la fois chaos et structure ?

“J’AI COMPRIS QUE CE QUI EST INTÉRESSANT, C’EST DE PARLER DES FRAGILITÉS…”

TU AS POURTANT DÛ STRUCTURER TON ALBUM, NON ?

J’ai compris que ce chaos m’empêcherait d’avoir une vraie structure pour l’album entier parce que je suis en évolution constante, comme nous tous. Chaque chanson est donc la Représentation d’un personnage qui est en moi. Chaque chanson est comme un point. En reliant ces points, on peut avoir une idée de qui je suis. En fait, individuellement, chaque chanson est un mensonge, mais ensemble, elles projettent une forme de vérité.

Photo – Paolo Santambrogio
TU VAS FÊTER TES 14 ANS SUR SCÈNE (ENFIN… LORSQU’ON POURRA DE NOUVEAU ALLER À DES CONCERTS). EST-CE QUE CE SEPTIÈME ALBUM MARQUE UN TOURNANT DANS TA CARRIÈRE ?   

Absolument ! En fait, je me suis rendu compte que j’avais en moi beaucoup de choses qui ne s’étaient jamais exprimées. Parce que j’étais perpétuellement à la recherche de temps forts de la vie à mettre en musique. Des dramas. Du coup, je pense que ma vie elle-même était devenue un enchaînement de psychodrames [Rires]. Et avec cette dernière année passée au calme, à devenir plus mature, j’ai réalisé que la vie était bien plus que ça. Et l’art aussi. 

J’ai compris que ce qui est intéressant, c’est de parler des fragilités. Certes, c’est bien de parler des émotions fortes, de nos réactions face à des événements importants. Mais il est aussi intéressant d’aller plus en profondeur, vers des émotions plus subtiles et complexes, et de tenter d’exprimer les doutes et la confusion. 

DE QUOI PARLES-TU DANS CET ALBUM ?

De moi, moi et aussi un peu de moi ! Ça peut paraître un peu égocentré. Et ça l’est. Sauf que si tu recherches au plus profond de toi, tu peux trouver des choses qui sont universelles, qui sont communes à nous tous et qui sont l’essence même de ce que veut dire être un humain et faire partie de l’univers.

Photo – Paolo Santambrogio
TU AS LAISSÉ DE CÔTÉ TES INSPIRATIONS HABITUELLES POUR TE TOURNER VERS LE HIP-HOP, LE GOSPEL OU ENCORE LA POP. QU’EST-CE QUI T’A POUSSÉ DANS CETTE DIRECTION ?

Je voulais vraiment signifier mes changements intérieurs en changeant mon univers musical. Je voulais ajouter de nouvelles couleurs à ma palette…  

“SI TU CHERCHES AU PLUS PROFOND DE TOI, TU PEUX TROUVER DES CHOSES QUI SONT UNIVERSELLES”

TU AS ENTIÈREMENT CRÉÉ CET ALBUM DANS UNE ANCIENNE FERME ITALIENNE PERDUE AU MILIEU DES CHAMPS. TU AVAIS BESOIN DE CET ISOLEMENT ?  

J’ai passé dix ans en mouvement, sans avoir le temps de me poser nulle part. J’étais fatigué et j’avais vraiment besoin d’un break, et de me demander si j’avais besoin de savoir si je voulais continuer. C’était un peu ma crise de la quarantaine. J’ai voulu me connecter à la nature, cette nature qui est plus forte que moi, qui n’a pas besoin de moi pour être là, pour être belle, pour vivre. Même si je peux aussi l’aider, cette nature : la protéger contre des maladies, aider les plantes les plus faibles à se défendre contre les plus fortes, contre celles qui les étouffent. 

Cette interaction entre la nature et l’humain, c’est recevoir et donner. C’est une vraie relation. Dans le calme. Et ça a réellement changé qui je suis. Sans cette proximité avec la nature, l’album serait totalement différent. Peut-être même qu’il n’y aurait d’ailleurs pas eu d’album tout court…

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