L’Égypte mène une véritable politique de répression nationale à l’encontre des LGBT+. Et comme tous les moyens sont bons pour traquer les membres de la communauté, la police espionne les utilisateurs d’applis de rencontres. Certaines victimes ainsi piégées sont alors interpellées et harcelées violemment.

Par Fred Lafeuille

Selon l’ONG Human Rights Watch, les forces de l’ordre égyptiennes ne reculent devant rien. Elles créent ainsi de faux profils sur Grindr, Scruff, Hornet et autres applis du même genre. Leur intention : piéger les personnes LGBT+ connectées à ces réseaux… et les interpeller pour les placer en détention.

UN EMPRISONNEMENT “DANS DES CONDITIONS INHUMAINES”

L’emprisonnement se déroule ensuite “dans des conditions inhumaines”, précise Human Rights Watch. Les mauvais traitements sont quasi systématiques et les examens génitaux des plus invasifs. Et puisque ça ne suffit pas au pouvoir en place, des interpellations arbitraires sont aussi menées. Elles visent des personnes soupçonnées d’être LGBT+ dans la rue. En somme, tu te balades tranquillement et deux flics t’embarques parce que tu as “l’air de”. 

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Yasser, un jeune gay égyptien de 27 ans, a ainsi raconté son expérience horrible au quotidien britannique The Independant. Il a été piégé sur l’application de rencontres Grindr. Un jeune homme lui a donné rendez-vous dans le centre-ville de Giza. Or, le mec en question l’attendait en compagnie d’officiers de police. “Ils m’ont battu et m’ont insulté, jusqu’à ce que je signe un document attestant que je ‘pratiquais des actes de débauche’”, raconte Yasser. Le jeune homme a même été contraint d’annoncer publiquement qu’il avait “assouvi des désirs sexuels contre nature”.

DES EXAMENS ANAUX ET VAGINAUX INVASIFS

Malak-el-Kashif est quant à elle une jeune activiste transgenre de 20 ans. Elle a également été arrêtée et incarcérée dans une “cellule de prison aussi petite qu’une cage”. Son crime ? Avoir participé à une marche en mars 2019. Une autre activiste trans de 20 ans raconte à The Independant qu’elle a dû subir des examens anaux et vaginaux relevant de “tests de virginité”.

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Rappelons que c’est aussi en Égypte en 2017 que Sarah Hegazy, une militante LGBT, avait commis le “délit” de faire flotter un drapeau arc-en-ciel lors d’un concert. Elle avait alors été emprisonnée et torturée durant des mois. Traumatisée par les viols qu’elle a subis en prison, elle a finalement mis fin à ses jours il y a quelques mois.

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