L’Assemblée nationale accorde 90.000 euros d’aide aux travailleurs du sexe. Les députés ont voté il y a quelques jours un amendement au projet de loi de finances 2021. Ils ont ainsi attribué une dotation de 90.000 euros d’aides pour les travailleurs·ses du sexe qui souffrent au plus haut point depuis le début de la pandémie. Ces mêmes députés ont aussi demandé au gouvernement de prendre des mesures de soutien pour les protéger pendant le reconfinement.

Par Fred Lafeuille

Le plus vieux métier du monde n’est pas à la fête depuis début mars. De nombreux.ses travailleurs·ses du sexe se retrouvent encore plus dans la précarité, ne pouvant exercer leur activité pour des raisons sanitaires. Ou l’exerçant parfois en prenant le risque d’être contaminés. Aussi, certains députés ont levé le poing pour penser à ces concitoyens essentiels à l’équilibre systémique de notre société. 

Le secrétariat d’État chargé de l’égalité entre les hommes et les femmes s’est révélé incapable d’apporter une réponse adaptée à la précarité accrue des personnes en situation de prostitution”, ont écrit des députés de la majorité dans le réquisitoire pour cet amendement, qui a finalement été adopté le 2 novembre. Une augmentation de 90.000 euros des moyens accordés aux associations a donc été votée. Il s’agit de mettre ces fonds à disposition pour accroître la prévention auprès des travailleurs·ses du sexe (TDS). 

Une aide aux travailleurs du sexe … pour 2021 !

C’est un pas an avant, se dit-on. Sauf que là où le bât blesse, c’est que cette dotation ne sera pas versée avant 2021. En effet, par définition, le projet de loi de finances de 2021 concerne… 2021. “Ce vote est symbolique, mais il a montré la volonté de l’Assemblée d’agir”, a confié Raphaël Gérard qui a défendu cet amendement, à nos confrères de Têtu. “Il doit encourager le ministère [de l’Égalité] à prendre des mesures rapides”.

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Ce député de la LaREM souligne également que jusqu’alors “le budget alloué aux actions destinées à œuvrer en faveur de la santé sexuelle, et plus particulièrement pour lutter contre l’épidémie de VIH-sida était en baisse de 4% (soit 20.000 euros de baisse) pour 2021”. D’ailleurs, entre 2016 et 2018, les crédits de la direction générale de la santé alloués aux assos de santé communautaire ont diminué de près de 70.000 euros.

Continuer de travailler … augmente les risques de contamination

Raphaël Gérard regrette que les maigres aides qui sont accordées directement aux TDS restent conditionnées. On leur demande en effet, pour bénéficier de ces aides, de s’engager dans un processus de sortie de la prostitution. “Cette approche moralisante tue”, condamne-t-il.

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Les associations se sont retrouvées en première ligne dans l’accompagnement social et matériel de ce public vulnérable, notamment du fait des liens de confiance noués avec les travailleuses du sexe”, indique ainsi l’exposé des motifs de l’amendement. Depuis mars derniers, n’ayant pas d’aides pour survivre, des TDS n’ont eu d’autre choix que celui de continuer à travailler. En augmentant chaque jour leur risque d’être contaminés. 

Des aides mais surtout de l’humanité !

Les associations qui accompagnent les TDS interpellent donc le gouvernement. Elles demandent la création d’un fonds d’urgence pour aider à compenser la perte de revenus liée au confinement. De plus, elles exigent un moratoire sur les amendes, sur la pénalisation des clients et sur les arrêtés anti-prostitution. Elles implorent aussi l’État de soutenir les assos d’aider au maintien du logement et de portage de colis alimentaires. Enfin, la régularisation des TDS sans-papiers semblent être une urgence également.

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