C’est une décision historique. Les relations sexuelles entre personnes du même sexe n’ont désormais plus à craindre la loi. Le Gabon devient donc l’un des rares pays d’Afrique subsaharienne à franchir le pas.

Par Fred Lafeuille

Quarante-huit députés ont donc voté en faveur de la dépénalisation. Vingt-quatre étaient contre. Et vingt-cinq ont préféré s’abstenir. Le Gabon a donc supprimé sa loi punissant les relations sexuelles entre personnes du même sexe. Ce qui est plutôt rare en Afrique subsaharienne.  

UNE FORTE OPPOSITION 

Cette dépénalisation est en tout cas un soulagement pour les associations de défenses des droits des LGBT+. Elle a en tout cas fait débat et rencontré une opposition parmi les élus et une partie de la population. “Gays et lesbiennes sont donc désormais libres de s’afficher sans en être inquiétés, quand bien même le mariage homosexuel, quant à lui, n’est toujours pas autorisé”, écrit Gabon Review. “Mes convictions religieuses, mon attachement à la Constitution et à nos valeurs ancestrales ne me commandent pas d’autoriser ou d’encourager de telles pratiques”, a ainsi lancé le député Blaise Louembé à Gabon Media Time.

À LIRE AUSSI : Le footballeur anglais Thomas Beattie fait son coming out

Plus de la moitié des pays d’Afrique subsaharienne (vingt-huit sur quarante-neuf) disposent de législations interdisant ou réprimant l’homosexualité. Les “hors-la-loi” sont parfois punis de la peine de mort ! Le Gabon rejoint le Bostwana, l’Angola, le Mozambique, les Seychelles, la Côte d’Ivoire, le Mali, la République démocratique du Congo et le Lesotho qui ont déjà légalisé les relations entre personnes de même sexe.

L’AFRIQUE DU SUD INTERDIT DE DISCRIMINER EN FONCTION DE L’ORIENTATION SEXUELLE

C’est l’Afrique du Sud fait figure de pionnière en la matière. “Depuis la fin du régime de l’apartheid en 1994, elle dispose d’un des cadres juridiques les plus libéraux au monde”, comme le précise Franceinfo. “Sa Constitution interdit toute discrimination fondée sur l’orientation sexuelle, et le mariage homosexuel a été légalisé en 2006, une première encore inédite en Afrique”. Les actes de violence homophobe y sont pourtant monnaie courante. Quant au Tchad, au Nigeria et au Burundi, ils ont soit légiféré contre l’homosexualité, soit durci leur législation ces dernières années.  

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici