Le court métrage très « PD ».Un peu plus d’un an après sa sortie, le court métrage du réalisateur du Clermontois Olivier Lallart, largement salué par la critique, est visible en ligne gratuitement. Un moyen pour le réalisateur de sensibiliser les spectateurs de PD, court-métrage engagé et récompensé lors de nombreux festivals, dans le monde entier…

Par Fred Lafeuille 

PD raconte les premiers émois amoureux d’un lycéen. Thomas, 17 ans, réalise qu’il est attiré par Esteban. Il devient alors la cible de rumeurs malveillantes dans son lycée. C’est donc une histoire un peu banale comme en vivent de nombreux LGBT, et c’est en cela que ce récit est universel et d’utilité publique. 

J’ai découvert mon homosexualité très tard”, expliquait Olivier Lallart en 2019, au moment de la sortie de PD. “Je pense que j’ai grandi en n’ayant peut-être pas assez vu de personnages homosexuels dans des séries ou films. Je n’avais pas assez de modèles et de repères.” Le réalisateur avoue qu’il n’a quant à lui heureusement jamais dû faire face à l’ostracisation en milieu scolaire. Mais Olivier a souhaité le mettre en avant, afin de sensibiliser, d’éduquer et de montrer à quel point certains LGBT souffrent alors qu’ils sont en pleine construction…

À LIRE AUSSI : Découvre gratuitement le numéro de décembre du magazine Mmensuel

En me baladant dans les cours de récré, j’entendais souvent le mot ‘pédé’, et ça m’a un peu ouvert les yeux”, confiait-il à Têtu en 2019. “C’est une insulte que je n’entendais pas autant que ça il y a 15 ans. Je me suis dit que je voulais alerter sur l’utilisation de ce terme”. D’où le titre de son film, qui choque et provoque, mais se réapproprie aussi le mot. 

Olivier Lallart à le sens du détail

Quand j’ai cherché des figurants pour la scène de bal de fin, je suis passé dans les classes pour dire que j’avais besoin de couples fille-garçon”, selon Lallart. “Les élèves étaient plutôt contents. Mais quand j’ai commencé à raconter l’histoire, j’ai tout de suite eu des réactions dingues, de mecs qui s’insultaient de ‘pédés’ entre eux et se moquaient les uns des autres. Et le pire, c’est qu’ils le faisaient devant leurs profs qui ne disaient rien.

À LIRE AUSSI : Tomy, le pêcheur tose nu de France 2, devient une star de Twitter

Pour les deux rôles principaux, Thomas et Esteban, Olivier Lallart a Paul Gomérieux et Jacques Lepesqueur, deux acteurs hétéros. Le cinéaste est en effet opposé au fait de “prendre à tout prix des homos pour jouer des homos”. Après tout, ça voudrait dire qu’on ne prendrait aussi que des acteurs hétéros pour jouer des hétéros. 

Des acteurs bouleversé et bouleversants !

Quoi qu’il en soit, les comédiens, qui appréhendaient le fait de jouer ces rôles, sont sortis du tournage “complètement bouleversé”, selon le Lallart. “Paul, qui joue le rôle principal, a pleuré une demi-heure lors de la dernière prise. Si bien qu’on n’a pas pu tourner de nouveau après tellement il n’était pas bien. Et Jacques m’a dit qu’il avait mis quatre jours à sortir du rôle quand le tournage s’est terminé. Ça a été très fort pour eux et ça leur a un peu ouvert les yeux sur pas mal de choses”.

À LIRE AUSSI : Les premières images du film le plus gay de tous les temps de Netflix

De quoi donner envie de (re)découvrir PD. Ça tombe plutôt pas mal puisqu’il est disponible gratuitement sur YouTube depuis le lundi 28 décembre. “À la base, ce projet devait être diffusé directement sur YouTube”, explique Olivier Lallart. “Puis, il a évolué. On a décidé de le tourner avec une qualité cinéma et on s’est donné un an, un an et demi pour pouvoir le présenter dans des salles et en festivals.

Alors, si tu as 35 minutes devant toi, cale-toi bien dans ton canapé, ouvre grand tes yeux, et c’est parti mon kiki : 

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici