Le président du Refuge démissionne après des révélations de Mediapart. Le Refuge a annoncé hier la démission de son président, Nicolas Noguier, et de son directeur général, Frédéric Gal. Deux décisions prises à la suite d’un audit effectué suite à une enquête de Mediapart qui avait révélé il y a deux mois de graves dysfonctionnements au sein de la fondation.

par Fred Lafeuille

Nicolas Noguier, le président du refuge démissionne

C’est le branle-bas de combat au sein de l’asso prend en charge l’accueil de jeunes homosexuels rejetés par leur famille. “Le Président de la Fondation, Nicolas Noguier, a présenté sa démission, dont le Conseil d’administration a pris acte”. Telle est la phrase que l’on a pu découvrir dans communiqué de presse publié ce jeudi par le Conseil d’administration (CA) de la fondation basée à Montpellier. 

Le président du Refuge démissionne suite à un article de Mediapart

Cette annonce a eu lieu le jour même de la remise des conclusions d’un grand audit. Cette étude avait en effet été commandée il y a quelques semaines par le CA au cabinet de conseil BCG. Il s’agisait d’établir un “diagnostic de situation” deux mois après des révélations de Mediapart qui mettait le doigt sur de sérieux dysfonctionnements au sein du Refuge.

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Les inquiétudes portaient notamment sur la gouvernance, la formation des salariés et sur l’accueil même des jeunes. “Le Conseil d’administration, en se basant sur les recommandations du cabinet”, a pris des “décisions d’urgence”. Un comité de suivi sera formé d’ici quinze jours afin de poursuivre l’action…

Le Conseil tient à saluer l’action de celui sans lequel la Fondation n’aurait jamais pu exister, et a tenu à lui proposer symboliquement un poste de Président-fondateur (non-exécutif), s’il l’accepte”, précise le communiqué au sujet de Nicolas Noguier. Ce dernier était en effet le président de l’association depuis sa création en 2003.

Mediapart accuse le président de toutes parts

Juste après les révélations de Mediapart, Le Refuge avait fait savoir que son président et son directeur général s’étaient mis « en retrait » le temps de l’enquête. « Leurs fonctions seront assurées collégialement par le conseil d’administration pendant ce temps« , avait alors précisé un communiqué.

De son côté, Nicolas Noguier « va certainement devoir assumer des poursuites judiciaires par la suite”, indique à nos confrères de Têtu Yohann Allemand, qui a initié le Collectif des jeunes et anciens bénévoles du Refuge. Et de préciser qu’au sein du collectif, “plusieurs personnes veulent déposer plainte. Il qualifie par ailleurs le départ des deux hommes de ‘première victoire’.

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Le maire de Montpellier avait quant à lui demandé à ses conseillers de « surseoir au versement des subventions » accordées au Refuge. Car, il faut dire que l’enquête de Mediapart était à charge et n’a épargné ni certains bénévoles, ni certains salariés…

Le Refuge présente ses excuses

Plusieurs jeunes affirment en effet qu’ils ont été mis à la porte de la fondation en raison de différends avec l’équipe dirigeante. Le manque de professionnels encadrant les jeunes a vivement été critiqué, alors que des alertes ont pourtant été lancées depuis plusieurs années. Notamment sur le changement de forme de l’association, qui est devenue une fondation, laissant plus (trop ?) de liberté au mode de fonctionnement.

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Selon des témoins, l’ambiance était même plutôt glauque. Nicolas Noguier se serait fait appeler « papa » par certains jeunes. Il aurait également fréquemment donné des « câlins » et fait des « étreintes ». Les dirigeants ont jusqu’alors justifié ces agissements en affirmant avoir voulu établir un lien de confiance avec les jeunes recueillis. Pis, des personnes trans affirment avoir été « ridiculisées » et régulièrement “mégenrées”.

Regagner la confiance…

Au nom de la Fondation, le Conseil d’administration souhaitait en premier lieu présenter ses excuses et avoir une pensée pour toutes les personnes, jeunes, bénévoles, salarié.e.s, qui ont pu se sentir blessé.e.s, mal accueilli.e.s, ou mal considéré.e.s”, a lancé hier le CA de la fondation. “À toutes celles-ci et à tous ceux-là nous leur affirmons avec force que nous ferons tout pour regagner leur confiance”. 

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