Gayophobie assumée ou bêtise absolue (ou les deux) ?
Quand un grand quotidien régional comme Le Progrès publie un article sur les gays, son parti pris est d’expliquer que l’homo est un vil garçon qui ne respecte pas le confinement, quitte à filer la chtouille, le VIH et le COVID-19 à tout un tas de partenaires. Un article d’une imbécillité crasse, truffé de raccourcis stigmatisants… et parfaitement homophobes. 

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Si l’appel au boycott était légal en France, nous en ferions certainement un ici. Car, ce journal de proximité a trouvé utile de publier un papier “à scandale” vite torché (bravo à la journaliste Sylvie Montaron qui parvient à pondre une rédaction du niveau CM2 sur un sujet auquel elle n’a visiblement rien pigé, la pauvrette) sur le “milieu gay”. 

« Cet article nuit à la décontraction des idées reçues et des stéréotypes contre l’homosexualité, terreau des violences qu’il ne fait que renforcer » nous explique Jérémy Falédam, coprésident de SOS Homophobie. « Il entretient une forme d’homophobie ordinaire alors même que beaucoup d’associations luttent en ce moment pour aider des personnes LGBQI en situation précaires ou victimes de violences au sein de leur famille » poursuit-il. 

L’HOMOSEXUEL EST DÉPEINT COMME BRAVANT LE CONFINEMENT POUR SE FAIRE DES TONNES DE PLANS Q

Maxime Larcher, président de SOS Homophobie à Lyon a déplorer l’approche “trop réductrice” du quotidien “qui ne présente qu’une partie des pratiques, sans la mettre en perspective des pratiques tout genre et orientation amoureuses confondues, en période de confinement”. 

Lisez plutôt par vous-même l’article paru dans l’édition du 18 avril dans son intégralité, ça vaut son pesant de cacahuètes. Tout est fait pour que Madame Michu s’exclame : “ah non, mais le gay de base est un pénis sur pattes… ou un anus sur pattes… tiens, d’ailleurs, je me demande qui fait la femme… qui ne pense qu’à niquer avec des inconnus, une espèce d’obsédé de la braguette”.

« Entre raccourcis stigmatisants, clichés et généralisation abusive, cet article alimente des stéréotypes et entretient des préjugés”

Et l’encadré, vous avez lu le titre de l’encadré ? “Plus de 400 auto-tests de dépistages du VIH expédiés” dans la région du Rhône, de l’Ain, de l’Ardèche et de la Drôme. De quoi laisser penser à Madame Michu – oui, encore cette gourde ! – que ces tests ont été demandés suite à une prise de risque durant le confinement. 

DES “RAPPORTS SEXUELS EFFECTUÉS SOUS L’EMPRISE DE DROGUES”

Clou du spectacle : vers la fin de l’article, la simili-journaliste parle à son lecteur du “chemsex”, précisent qu’il s’agit de “rapports sexuels effectués sous l’emprise de drogues”. Eh ben voilà ! Ou comment assimiler à cette pratique la totalité du milieu gay – car c’est bien de cette totalité du milieu gay dont l’article est censé faire référence si l’on en croit son titre. 

Ce genre de journalisme est tout bonnement une honte pour la profession. Soit parce qu’il est orienté sans complexe pour être homophobie. Soit parce qu’il est le reflet de la médiocrité d’une journaleuse, de son rédacteur en chef, de son directeur de la publication et de son éditeur. Soit les deux à la fois, qui sait ? 

UNE PETITE BRÈVE PUBLIÉE EN GUISE D’EXCUSES

Bien évidemment, face à la réaction de SOS Homophobie, le journal a publié une espèce de mea culpa sous forme d’une brève minuscule noyée dans son édition du 20 avril. Eh ben voyons ! On nous file un uppercut en pleine figure et on demande pardon parce qu’on s’est fait choper en flagrant délit… Un peu facile, non ?  

Rappelons que ce quotidien n’est pas une petite feuille de chou sans importance. Il appartient au groupe Ebra, propriétaire de neuf quotidiens régionaux — dont Le Dauphiné libéré, Dernières Nouvelles d’Alsace et L’Est républicain — diffusés dans 23 départements de l’Est de la France, ainsi que trois hebdomadaires locaux et deux journaux gratuits.

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