Le Soudan a aboli la peine de mort pour relations homosexuelles, même si elles restent interdites. Cette décision tant attendue s’inscrit dans le cadre d’une série de réformes sur les droits de l’homme dans cet État d’Afrique de l’Est.

Par Fred Lafeuille

Il y a quelques jours, les militants pour les droits de l’homme ont célébré une vraie victoire. Même s’il reste encore bien du chemin à parcourir ! Le Conseil souverain du Soudan a en effet modifié l’article 148 de son Code pénal. Ce texte interdisait les relations homosexuelles. Et il prescrivait la peine de mort pour tout manquement. Cette réforme historique des droits de l’homme au Soudan comprend également l’interdiction des mutilations génitales féminines et des flagellations publiques. La lapidation des apostats qui quittent la foi islamique est elle aussi désormais interdite.

SEPT ANS DE PRISON SONT ENCORE REQUIS EN CAS DE RELATION HOMOSEXUELLE

Ne nous réjouissons pas si vite ! On ne vous ôte plus la vie pour cause de relation sexuelle entre personnes du même sexe. Mais on continuera de vous ôter votre liberté. Une peine de sept ans de prison reste en effet prévue pour toute relation homosexuelle.

Cependant, cette décision réduit la liste des pays dans lesquels l’homosexualité est passible de mort. Actuellement, la peine capitale est appliquée pour les homosexuels en Somalie, en Arabie Saoudite, en Iran et au Yémen. La peine de mort reste une option aux Émirats arabes unis, en Afghanistan, au Pakistan, au Qatar, à Brunei et dans le nord du Nigéria en vertu de la charia.

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La Directrice exécutive adjointe d’OutRight Action International, Maria Sjödin, se réjouit donc à minima. “La suppression de la peine de mort pour les relations intimes entre personnes de même sexe au Soudan, parmi d’autres réformes importantes, telles que l’interdiction des mutilations génitales féminines et la lapidation pour apostasie, est une étape importante pour les droits humains des personnes LGBTIQ et les droits humains au Soudan en général”, a-t-elle déclaré.

“NOUS ESPÉRONS QUE LA DÉPÉNALISATION DE L’AMOUR ENTRE PERSONNES DU MÊME SEXE SUIVRA”

Et d’ajouter : “Il est étonnant que plus d’un tiers des pays du monde continuent de criminaliser l’amour entre personnes du même sexe. Et encore plus stupéfiant qu’une poignée d’entre eux prescrivent la peine de mort en cas d’intimité homosexuelle consensuelle. Il est encourageant de constater qu’à partir de maintenant, ce nombre a été réduit de un. Nous espérons que la dépénalisation de l’amour entre personnes du même sexe suivra”.

Cette décision fait suite à la dépénalisation de l’homosexualité par deux États d’Afrique centrale au cours des 18 derniers mois, le Gabon et l’Angola. Selon OutRight Action International, 67 pays continuent de criminaliser les relations homosexuelles. 

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