Les étudiants trans peuvent enfin changer de prénom ! Suite au suicide d’une étudiante en pleine transition, les instances universitaires de Montpellier ont décidé d’agir. Certes, il reste du chemin à parcourir, mais c’est déjà un bon début ! 

par Fred Lafeuille

Le 23 septembre dernier, une jeune trans en pleine transition s’est suicidée à Montpellier. Un drame qui a amené la communauté universitaire à réfléchir et à se remettre en question quant aux liens à tisser avec les étudiants LGBT+.

Des syndicats aux assos, en passant par les profs et les étudiants eux-mêmes, tout le monde avait en effet admis à l’époque qu’il y avait de nombreuses failles dans le système. Notamment au sein du Crous [Centre régional des œuvres universitaires et scolaires – NdlR].

Renforcer l’accompagnement 

De son côté, l’académie de Montpellier et le Crous avaient quelque peu tapé en touche. Ils avaient en effet assuré conjointement que la jeune fille avait bénéficié “d’un accompagnement renforcé de la part des services sociaux, comme des personnels assurant la gestion de la résidence” où elle vivait.

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Quoi qu’il en soit, un groupe de travail s’est organisé. Le but : lutter contre les discriminations envers les personnes LGBT+. Et de cette grande réflexion a découlé une première mesure qui n’est pas que symbolique. Désormais, le Crous donne ainsi la possibilité aux étudiants de changer leur prénom d’usage. Dorénavant, vous pouvez donc facilement être qui vous êtes sur les documents de l’administration étudiante (notifications de bourses, quittances de loyer, etc.).

Ni conditions ni justificatifs pour changer de prénom !

Pour ce faire, il suffit simplement d’en faire la demande. Aucun justificatif et aucune autorisation parentale ne vous est demandé. La seule condition, c’est d’être en possession d’une carte d’étudiant. Le Crous précise néanmoins que les lettres de contentieux ne sont pas concernées. Car, sur ce genre de documents, “seul l’état civil fait foi”.

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Depuis ma rentrée dans les études supérieures, forcément, je m’occupe de tous les papiers administratifs tout seul”, a expliqué à nos confrères de 20 Minutes un étudiant en transition de l’université Paul-Valéry de Montpellier. “Donc, quand je dois aller voir le Crous, j’ai toujours cette boule au ventre, car je sais qu’on va me demander mon deadname [prénom d’avant la transition]  – NdlR]”. 

Et cette personne trans d’ajouter que lorsqu’elle paie le loyer de son logement dans la résidence étudiante, elle y a “toujours un mail pour confirmer le paiement avec ‘Prénom du locataire’, et mon deadname. Et ça, c’est vraiment pénible pour moi.

Encore du chemin à faire 

On le sait, changer officiellement de prénom, c’est la croix et la bannière pour les personnes trans. Selon une étudiante montpelliéraine, membre du syndicat Solidaires Étudiants, “avoir tous les documents de son logement à son prénom de naissance peut être douloureux. (…) Et dangereux, puisque ça peut ‘outer’ les personnes trans à leurs voisins, et donc les exposer à de la violence.

Le syndicat Solidaires Etudiants parle quant à lui d’une “victoire syndicale”, après “plusieurs mois de travail”. Quant au Crous, il assure que la procédure était déjà en cours de réflexion.

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Les transgenres “ne seront plus mégenrées lors des communications avec cette administration”, estime le Scum, le Syndicat de combat universitaire. “Ce premier pas ne nous fait pas oublier que du chemin reste à faire, au Crous, comme dans d’autres administrations, afin d’améliorer leur rapport aux étudiantes et aux étudiants”. 

L’université va elle aussi accompagner le changement de prénom

L’asso Solidaires Étudiants affirme quant elle que “cette victoire n’est pas suffisante”. Elle exhorte d’ailleurs l’ensemble des Crous de France à mettre en place cette procédure simplifiée. Par ailleurs, l’université de Montpellier et l’université Paul-Valéry ont indiqué que le changement de prénom est aussi possible en leur sein. 

Rappelons qu’en 2019, le gouvernement a expressément demandé aux établissements d’enseignement supérieur de faciliter les changements d’identité des étudiants. Il ne reste donc plus qu’auxdits établissements de se bouger un peu. À bon entendeur…

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