Un lecteur hétéro anxieux a fait part de ses doutes dans une lettre paniquée et émouvante adressée au Chicago Tribune. Ne nous moquons pas ! Après tout, n’est-il pas parfois extrêmement difficile de s’accepter soi-même ? Qui qu’il en soit, la réponse de la chroniqueuse lesbienne Anna Pulley à cette lettre est tout juste parfaite. 

Par Fred Lafeuille

Comprendre et accepter sa propre orientation sexuelle peut parfois être un long parcours. Beaucoup de questions (parfois sans réponses), de doutes et de peurs sont au rendez-vous. C’est le cas d’un homme resté anonyme, qui a écrit une longue lettre à Anna Pulley, chroniqueuse ouvertement lesbienne du Chicago Tribune.

Ce mec, qui signe avec le pseudonyme “Bicurieux, Bisexuel ou en train de devenir Gay?”, détaille en effet les difficultés qu’il a eues avec sa sexualité durant son confinement. “Au début de la crise du Covid, j’ai commencé à ressentir plus d’attirance pour les mecs. Même en me masturbant. Et je me rends compte que j’ai possiblement réprimé des choses quand j’étais plus jeune”, écrit cet Américain de 32 ans, qui pense donc que la crise sanitaire aurait été le déclencher d’une révélation sur lui-même. 

« JE NE VEUX PAS ÊTRE GAY ! »

Et de poursuivre : “Donc, je me demande si je ne suis pas gay en réalité. Ce qui expliquerait pourquoi je ne suis pas intéressé par une relation avec une fille. À moins que je ne sois que dans l’évitement et la peur de m’engager ?« 

Il continue : « Je ne trouve jamais des femmes que je trouve suffisamment à la hauteur. À moins que ce soit juste temporaire ? Ou alors, je suis bisexuel et j’ai du mal à assumer de côté de moi dont je ne veux pas vraiment ? Je ne veux pas être gay ! Je me suis toujours imaginé avec une femme. Avec des enfants”.

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Et voici la réponse très juste, tout en compréhension et en finesse d’Anna Pulley : “Je pense qu’il est important, bon et nécessaire pour nous de remettre en question les hypothèses que nous avons depuis longtemps sur nous-mêmes. Comme vous le faites maintenant. Moi aussi, je pensais que j’épouserais un homme et que j’aurais des enfants. Et ni l’une ni l’autre de ces choses n’est arrivée. Mais, je me sens pourtant parfaitement en accord avec moi-même. Vraiment”. 

CESSER DE NIER CE QUI EST AU PLUS PROFOND DE SOI

Pulley poursuit en affirmant que la seule façon pour cet homme de savoir avec certitude s’il est queer est d’explorer ses désirs. Même s’il y aura des difficultés puisque “les conséquences d’années et d’années de répression et de discriminations des LGBTQ sont parfois compliquées à assumer pour personne”. Mais “cela en vaut la peine, surtout si vous trouvez quelque chose et quelqu’un de nouveau à aimer et à célébrer”, ajoute-t-elle.

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Au sujet de sa propre expérience, Pulley explique : “Sachant que ces choses que je trouvais sombres étaient possibles, je ne pouvais pas nier ce qui était en moi et qui voulait voir la lumière. Connaître les vérités qui vivaient en moi bien avant que mon esprit conscient ne puisse les comprendre”.

ÊTRE CURIEUX ET DE VOULOIR AVANCER VERS SOI-MÊME

Je sais que c’est dur et effrayant et que le monde peut être solitaire et impitoyable. Mais c’est aussi épique et beau et surprenant d’une manière que nous ne pouvons pas imaginer jusqu’à ce que nous ouvrions les yeux. Vous n’avez pas besoin d’une étiquette pour cela. Vous n’avez pas besoin de confiance ou de certitude ni de réponses définitives. Il suffit d’être curieux et de vouloir avancer vers soi-même”.

 

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