Depuis quelques jours, la mobilisation pour faire libérer une activiste queer emprisonnée en Tunisie s’intensifie. Son nom est Rania Amdouni. Elle est l’une des personnalités queer tunisiennes les plus engagées publiquement. Victime d’un lynchage sur les réseaux sociaux, des policiers l’ont arrêtée le 27 février à Tunis…

par Andrei Olariu

Rania Amdouni est une figure de proue des marches qui ont lieu depuis le début de l’année dans les rues de Tunis. Elle est soutient le mouvement progressiste aux côtés d’une jeunesse qui souhaite s’affranchir du traditionalisme. Or, en réponse à cet engagement militant, de nombreuses personnes l’ont harcelé… 

Une activiste queer harcelée et emprisonnée en Tunisie

Depuis début janvier, Rania Amdouni a reçu des centaines d’injures sur Facebook. “Elle y était menacée en raison de son activisme en faveur des droits des LGBT+ et de son expression de genre”, affirme l’ONG de défense des droits de l’homme, Human Rights Watch.

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Ma vie est menacée, je ne me sens plus en sécurité, même dans mon appartement”, déclarait-elle il y a quelques jours à Human Rights Watch. “La police est venue me chercher dans mon quartier. Ma sécurité physique est menacée et ma santé mentale se détériore. Les gens me fixent du regard dans la rue et me harcèlent en ligne.” 

Des Manifestations pour faire libérer une activiste queer emprisonnée en Tunisie.

Rania a en effet été arrêtée le 27 février. Fin janvier, des policiers l’avaient déjà frappé à la poitrine lors d’une manifestation. Selon elle, les forces de l’ordre l’auraient traité de “pédé” qui “défend les sodomites”. 

Rania Amdouni terrifiée

Quelques jours plus tard, des hommes l’auraient attaquée lors d’une autre manifestation à Tunis. La police se serait restée passive face à cet assaut. Pire, elle se serait moquée d’elle. Des policiers se seraient ensuite rendus au domicile de Rania. Une intimidation qui l’a poussée à qui son quartier pour se cacher et supprimer purement et simplement ses comptes sur les réseaux sociaux.

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Ce harcèlement a déclenché la colère de ses camarades activistes. Ils ont ainsi participé à un sit-in le lundi 1er mars devant le tribunal de Tunis pour demander la libération de Rania Amdouni. L’association LGBT+ Damj la défend dans un communiqué. Rania Amdouni “est aujourd’hui dans la prison de Manouba, en attendant son renvoi devant le tribunal de Tunis pour être jugée pour atteinte à la pudeur”, précise l’asso. 

Et de poursuivre : “Nous appelons à sa libération immédiate, inconditionnelle et l’abandon des charges contre elle. Nous demandons sa protection, un suivi sanitaire et psychologique.” Un nouveau rassemblement est prévu aujourd’hui, jeudi 4 mars, date à laquelle Rania Amdouni doit être jugée.

La Tunisie réprime encore l’homosexualité

Rappelons que la Tunisie ne reconnait pas les droits des personnes LGBT+. Elle réprime encore aujourd’hui l’homosexualité. Des “tests anaux” viennent encore “prouver l’homosexualité” masculine pour mieux les accuser judiciairement et les faire condamner. Selon les derniers chiffres rendus disponibles par le Collectif civil pour les libertés individuelles, on a pu recenser quelque 120 procès pour homosexualité en 2019.

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