Cette idée pas si farfelue que ça vient de la Ville de New York. Elle souligne que l’utilisation d’un gloryhole limiterait les risques pour les amateurs de sexe avec des inconnus ! 

Par Andrei Olariu

Le Département de la santé de la Ville de New York vient de réviser ses recommandations pour éviter la propagation du Cornavirus. Il encourage implicitement les hommes gais ou bisexuels à (re)découvrir les joies des gloryholes.

«Soyez créatifs, jouez avec les positions sexuelles et les barrières physiques, comme les murs», peut-on lire dans le guide publié le 8 juin. L’idée est de permettre le «contact sexuel tout en prévenant le contact de visage à visage», car c’est de cette façon que le virus se transmet.

LE GLOYHOLE PAS SI DEMODÉ

Le terme anglais Gloryhole remonterait à fin du XIXe, où l’euphémisme «glory» se référait à l’érection. Il désigne un trou pratiqué dans une paroi (de toilettes publiques, typiquement, mais pas que) afin d’y glisser un pénis en vue d’une satisfaction rapide et anonyme, en général par voie orale.

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La remise du gloryhole au goût du jour à la faveur de la Covid a fait beaucoup jaser aux Etats-Unis, car beaucoup perçoivent la pratique comme appartenant à une époque heureusement révolue, faite de plaisirs aussi fugitifs que honteux. Le dispositif, qui fait aujourd’hui partie de l’équipement de plusieurs saunas, a encore ses inconditionnels. Ils fantasment sur les rencontres aléatoires, les silhouettes entraperçues et les respirations haletantes de part et d’autre de la paroi.

LE RAPPORT ENTRE LE GLOYHOLE ET LE CORONAVIRUS ?

Pour différents services de prévention qui ont supervisé les mesures sanitaires prises pour la réouverture des saunas et sex-clubs en Europe, la suggestion de NYC Health est a priori plutôt rationnelle.

«Selon les données disponibles, il n’y a aucune évidence d’une transmission sexuelle du coronavirus, c’est-à-dire par les fluides génitaux notamment le sperme, souligne l’Aide suisse contre le sida (ASS) à nos confrères du magazine Suisse 360.ch. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de virus dans le sperme mais soit celui-ci est en trop faible quantité pour une transmission de l’infection, soit le milieu n’est pas propice à l’acquisition de l’infection.»

«Soyez créatifs, jouez avec les positions sexuelles et les barrières physiques, comme les murs»

Rappelons que les saunas ont réouvert dans au moins 5 pays Européens depuis deux semaines sans que cela n’ait encore eu de susciter de nouvelles éclosions de la COVID-19.

Quant à la salive, présente en abondance lors de fellation, mentionnons qu’il n’y a pas de preuve d’un risque de transmission via le pénis. L’enjeu est surtout de ne pas mettre celle d’une autre personne (celle d’un partenaire précédent, par exemple) sur son propre visage, ce qui peut s’avérer difficile.

Mais ce n’est pas le seul danger. Lors d’un rapport sexuel la respiration augmente en rythme et en intensité. Mécaniquement cela augmente le nombre de particules rejetées dans l’air. Les parois dans lesquelles sont percées les gloryholes sont rarement hermétiques par ailleurs. Les particules ne passeront pas tant par le trou mais potentiellement au-dessus de la paroi. Mieux vaut le garder à l’esprit au moment de s’agenouiller devant ces drôles de confessionnaux… et pourquoi ne pas porter un masque si cela peut réduire réellement le risque de contamination.

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