Un bar LGBT de Des Moines, dans l’Iowa, a été “violemment perquisitionné” par la police après que les organisateurs du club ont fourni une assistance médicale à des manifestants de “Black Lives Matter”.

Par Fred Lafeuille

C’était lundi 1er juin, premier jour du mois des fiertés. La police de Des Moines a fait une descente d’une rare violence dans un bar queer, arrêtant trois personnes, dans ce que certains activistes qualifient de “Stonewall Two”.

Les forces de l’ordre ont prétendu que c’était parce que les gens présents dans ce club n’avaient pas respecté le couvre-feu de 21h imposé par la municipalité. Mais les images filmées par les caméras de surveillance publiées par le bar en question, le Blazing Saddle, prouvent que ça n’était pas le cas.

GAZ LACRYMOGÈNE ET DÉTONATIONS

Ces vidéos montrent en effet des membres de la communauté LGBT présents en train de soigner les blessures de manifestants de “Black Lives Matter”. Selon un témoin, ces blessés ressentaient une “une douleur atroce” après s’être fait frapper à quelques pâtés de maisons de l’établissement.

Selon les médias locaux, les faits se seraient produits près de trois heures après le couvre-feu. La police a avancé sur les manifestants présents devant le capitole vers 23h45 et a utilisé des cartouches de gaz lacrymogène et des détonations pour les disperser la foule.

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Les images montrent deux voitures de police débarquant dans le bar, remplies de policiers en armure complète avec de gros canons de chasse. Une vraie prise d’assaut ! Les images consternantes de cette scène semblent tout droit tirées des livres d’histoire qui relatent les événements de Stonewall survenus il y a 51 ans. Une vraie claque dans la figure de toute la communauté LGBT dans une Amérique en déclin qui cède de plus en plus au conservatisme fascisant. 

VENIR EN AIDE AUX BLESSÉS EN GRANDE SOUFFRANCE

Le Blazing Saddle est l’un des plus anciens bars queers de la capitale de l’État. Un vieux bar charmant où règne la convivialité. Les propriétaires du bar ont déclaré dans un communiqué sur Facebook : “Trois de nos employés étaient là, avec un sac à dos rempli de matériel de premiers secours. Ils sont sortis au cas où quelqu’un aurait besoin d’aide après la manifestation. Nous avions également des bouteilles d’eau et des serviettes à disposition si nécessaire”. 

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Vana B., une showgirl, a décrit comment elle et d’autres membres du personnel ont commencé à administrer les premiers soins. Puis elle raconte comment la police a débarqué : “ils ont pris d’assaut la devanture de notre bar en quelques secondes”. 

Une vidéo de 25 minutes montre des officiers vidant le club. Vana B. a affirmé que son “instinct était de courir”. Elle s’est donc recourbée dans le sous-sol du bar pour se cacher sous une étagère. Deux flics ont commencé à fouiller l’intérieur du bar. “Je me suis rendu au bas de l’escalier où j’ai rencontré un officier avec une lampe de poche et un pistolet à la main pointé vers moi”, a ajouté la showgirl. “J’ai levé les mains et il m’a dit de monter. Il m’a demandé de lever les bras et de me retourner. Puis il m’a frappé assez agressivement”. 

LA POLICE N’A FAIT AUCUN COMMENTAIRE

Elle a ensuite expliqué comment elle s’est retrouvée dans la rue, à l’extérieur du bar, avec trois autres showgirls, mains derrière la tête. Des caméras de surveillances placées dans la rue ont alors montré des passants réagir en levant simplement la main… et des officiers les charger.

“La police a ensuite demandé aux personnes non détenues de rentrer à l’intérieur du club, de s’enfermer et de s’accroupir”, a expliqué Vana B. Et d’ajouter : “On voulait juste essayer d’aider les gens qui souffraient énormément et étaient angoissés”. Contacté par PinkNews, le service de police de Des Moines n’a fait aucun commentaire.

 

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